L’arbre et l’elfe

Un jour, une magicienne avait créé un elfe en bois. En soufflant doucement sur son nez et sur sa bouche, elle lui avait donné vie. Cet elfe était unique en son genre, si bien qu’il se sentait souvent seul. Un jour, la magicienne l’emmena dans la forêt et lui présenta l’arbre qui avait donné de son bois pour le fabriquer. Tous les deux comprirent qu’ils étaient faits pour s’entendre.

Depuis ce jour, un  lien particulier était né entre l’elfe et l’arbre. Tous les deux s’aimaient beaucoup.

Mais ils étaient très différents. L’arbre était solidement enraciné ; il ne pouvait pas bouger mais connaissait chaque brindille, chaque insecte, chaque oiseau autour de lui. Quand l’elfe était malheureux ou en colère, il collait son oreille contre le tronc pour s’apaiser.  Mais il aimait aussi partir à l’aventure pour trouver de la nouveauté, rencontrer des sorciers, des nains, des princes…  L’arbre comprenait ; il était de ceux dont on fait du bois solide pour les roues de charrette, mais pas pour les murs des cages et des prisons.

L’arbre attendait que son ami revienne, lui rapporte des fleurs, des feuilles, des branchages qu’il ne connaissait pas et lui raconte ses découvertes. L’elfe, du plus loin qu’il arrivait, jouait de la flûte pour annoncer son retour, et l’arbre se réjouissait.

Quand son ami était loin, il lui manquait ; personne ne s’asseyait à l’ombre de ses branches, personne ne  caressait son tronc, alors parfois l’arbre pleurait des larmes de sève. Il s’appliquait à faire pousser ses branches bien haut, ainsi, il pouvait envoyer la pie à son sommet et lui demander : « le vois-tu venir ? ».

Un jour, l’elfe annonça à l’arbre qu’il allait partir tout l’été. On lui avait parlé d’un endroit dans la forêt enchantée où vivaient d’autres elfes. Il promit à l’arbre que dans cent jours, il serait de retour. L’été passa, puis ce fut l’automne. Les cent jours passèrent sans que l’elfe ne revienne. L’arbre se sentait abandonné. Il perdit presque toutes ses feuilles avant de s’endormir dans le sommeil de l’hiver.

L’elfe n’avait pas oublié son ami. Il avait rencontré ses semblables, avait noué connaissance avec d’autres elfes, s’était bien amusé, puis il avait voulu retourner auprès de l’arbre. Mais une tempête de neige l’avait forcé à trouver un abri. Il avait dû attendre que la neige cesse de tomber, puis que l’épaisse couche fonde. Le sol était encore mouillé quand il prit le chemin du retour. Vite il marcha sans s’arrêter jusqu’à son ami.

Quand il arriva, l’elfe vit l’arbre tout dépouillé et silencieux. Seules quelques feuilles sèches tremblaient encore au bout des branches. Alors il s’assit au pied de l’arbre et pleura. Ses larmes vinrent inonder la mousse puis, par les racines, par le tronc, montèrent jusqu’au cœur de l’arbre qui se réveilla. Par magie, de belles feuilles vert tendre se mirent à pousser, à grandir.

Et les deux cœurs de l’elfe et de l’arbre se remirent à battre au même rythme.

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